/!\ Voici un bref article sur la question du vote. Attention, je ne juge pas ici les personnes qui iront voter par espoir de voir des choses ne pas s’aggraver ou s’améliorer ; si aller « au moins pire » c’est faire le jeu d’un système destructeur, cela peut permettre éventuellement certaines avancées au niveau des mentalités (ou empêcher une régression). Je n’épiloguerai pas là-dessus ; sachez juste que je ne blâme personne, et la partie la plus importante à mon sens se situe à la fin.

Voilà, nous y sommes : ce fameux « devoir citoyen », LE « pouvoir » du peuple, celui qui est censé lui octroyer la « liberté » de choisir la politique employée par des dirigeant-es durant 5 ans, est sur le point de lui être « offert ».

Vous avez dit ; « Pouvoir » ?

  • Un « pouvoir », donc un impact sur la politique du pays, à laquelle chacun-e pourrait participer, mais seulement tous les 5 ans ? En faisant croire que sa « participation à la vie de la cité » se suffit de par un bulletin de vote et une bonne intégration au système (travail, logement, respect de la loi, etc.), on convainc la population de se suffire à cela, lui faisant comprendre qu’elle n’a pas besoin de faire d’avantage.

    Je pense que cela est très dangereux ; en incitant ainsi les personnes à mépriser la gestion de la vie en société, on les persuade d’accepter d’avoir des leaders qui agissent en prenant des décisions et en réalisant un projet politique concret à leur place. Le peuple devient alors de plus en plus éloigné de la vie politique détenue par des élites. Il peine à connaître ce milieu qui ne lui est pas familier, ne saisit pas tous les procédés, institutions, stratégies mises en place par des politicien-es charismatiques ; tout-e un-e chacun-e est alors invité-e à faire confiance à ces personne bien propres sur elles (en apparence) qui sont censées savoir ce qu’elles font mieux que celles et ceux qui votent pour elles. On laisse la gestion d’une société à une minorité sous le coup de la confiance.

Vous avez dit ; « Liberté » ?

  • La liberté d’être enfermé dans un système déjà construit, que les nouvelles générations (et les autres) qui aspirent peut-être à des choses nouvelles, par nécessité et volonté, sont contraintes de subir.
  • La liberté de choisir des personnes qui, pour quasiment chacune d’entre elles, sont à la solde de ce système capitaliste de près ou de loin (il suffit, pour l’exemple, souvent de regarder les financements de leurs campagnes), qui n’ont généralement qu’un désir égoïste et malsain d’obtention « du » pouvoir.
  • La liberté de voter pour des personnes avantagées. Tout un-e chacun-e ne peut pas être candidat-e à la présidentielle ; l’obtention des 500 parrainages d’élu-es n’est pas donné à n’importe qui, il faut prouver que nos idées soient suffisamment politiquement correctes et être porté par un parti politique considéré comme « sérieux » et reconnu.

    D’autre part, la plupart des candidat-es ne connaissent pas la réalité de la vie de la  majeure partie de la population puisqu’ils-elles vivent dans une classe sociale déconnectée des autres, celle de la bourgeoisie et de l’élitisme. Des riches qui prennent des décisions pour les pauvres ?

  • Et celles et ceux (bon, tou-tes en fait) qui séduisent avec des promesses de « révolution », de « grand changement », souvent ornées de discours bien écrits et de mots (ou d’applaudissements) bien placés.

    Un véritable changement de système ne peut avoir lieu à l’aide d’outils encadrés et régis par lui-même, d’autant plus s’il s’agit d’outils permettant la gestion de ce dernier.

    Certes, il y en a notamment un qui parle de « redonner le pouvoir au peuple », en créant une assemblée constituante. Le peuple n’a pas besoin d’un « sauveur » qui encadre sa libération. Le peuple doit se sauver seul, sans avoir besoin de recours à des institutions étatiques où à des personnes composantes du système asservisseur.

    Ce n’est pas une personne passant par ce que le système nous vend comme plus grand moyen d’organisation, de médiatisation et de pouvoir de changement, qui va permettre l’émancipation du peuple.

Et le vote utile ?

Ah le « vote utile », celui qui en vient à nous faire voter par peur et non par conviction. Encore une fois, je ne juge pas les personnes qui y auront recours. L’idée d’un second tour avec Marine (et pas que) inquiète, et à raison. Mais cela montre tout de même un gros problème ; on en vient à voter pour le « moins pire », puisque l’on sait que dans tous les cas ce ne sera pas quelque chose qui nous conviendra vraiment.

Voilà comment la machine peut fonctionner (à peu près) ; afin de préserver un semblant de « démocratie », puisque la population est désintéressée de la politique telle qu’elle lui est imposée, on lui force la main afin qu’elle aille voter même si cela va à l’encontre de sa volonté (« on » = le système). Elle vote car si elle ne le fait pas elle craint de voir des extrêmes aux idéologies dangereuses prendre le pouvoir. Elle vote parce que c’est la seule grande liberté qu’elle pense avoir. Elle vote parce qu’on la bassine avec des « ne pas aller voter c’est faire offense aux personnes qui se sont battues pour cela » et autres phrases types ; oui, des personnes se sont battues et le travail qu’elles ont accomplies est important ; il est vital de le sauvegarder, mais de progresser et de nous-même faire partie des personnes qui nous battons pour obtenir des avancées majeures. Un changement radical de système avec des mécanismes différents de l’actuel paraît à présent d’une nécessité absolue.

 

Ce que je condamne, c’est le fait de se suffire en un simple vote et de s’arrêter là. Le « vrai vote » pourtant il est là chaque jour autour de nous ; c’est ce que l’on décide d’acheter ou pas, c’est ce que l’on accepte ou refuse de faire même sous la pression sociale ou hiérarchique, c’est cette volonté de se remettre en question sur les oppressions que l’on crée ; des attitudes sexistes à l’asservissement de peuples opprimés dans des pays exploités par nos sociétés occidentales, c’est ce désir de bâtir ensemble un monde nouveau, d’avoir le courage d’agir en situation d’injustice quitte à devoir perdre des choses qui nous sont chères.

La seule façon de changer le système politique, c’est véritablement de s’organiser de façon autonome en se réappropriant la politique, de prendre part à des luttes qui visent à abolir des oppressions et destructions (féminisme, antifascisme, Zads, libération animale, etc.), d’être bienveillant-es entre chacun-e avec l’entraide, l’autogestion, la solidarité, la prise de partie lorsqu’une personne subie une injustice, etc.

Même dans ces milieux rien n’est parfait, mais c’est de la pierre de chacun-e qu’un mouvement se construit, et c’est en venant apporter sa vision et ses atouts que l’on peut progresser, ensemble.

Nad ~

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